Tuesday, 9 November 2010

Mobil- Hommes.

©  Elisa Routa

1960's: On bouge. On marche. On se déplace. Il arrive même qu'on court. Qu'on tourne en rond. Mais pour aller où? En se mordant la queue, avançons-nous vraiment? 
Pas le moins du monde. Plus ça change, plus c'est pareil. L'histoire se répète. Sans cesse.
On a juste le temps de se brûler les ailes et cette odeur de cramé nous reste dans le nez. Et après, on interdit le (en-)vol à l'étalage mais il reste pourtant le seul à notre portée. On nous traite de terre-à-terre mais prendre de l'altitude devient trop compliqué.


©  Elisa Routa

1970's: ...Puis... Dieu -déguisé en surfeur Californien- créa le skateboard.
Depuis ce jour- là, on s'autorise à bouger sans crainte. Les deux pieds agrippés à ce fichu morceau de bois. 'Paraît que ça fait moins mal de se brûler les genoux.
Quitte à prendre un mur de plein fouet, autant prendre de la vitesse. 
Le décor défile vite. Plus vite. En accéléré. Alliant noir et blanc et couleur. Tout devient flou autour sauf cette planche immobile dont on perdrait le contrôle. La vie passe comme un vieux film. Comme ceux qu'on regarde en plein air; un écran accroché à deux troncs d'arbre, une radio posée derrière*.

Depuis Rodney Mullen, tout va alors comme sur des roulettes.
Les Mobil-Hommes.

*Richard M. Hollingshead a ouvert le premier drive-in dans le New- Jersey en 1933.
Shooting Irùn- Spain-  September 10'

Wednesday, 3 November 2010

Avec un peu de chance.

Nous n'avons rien à faire. Rien que d'être heureux.
 © Elisa Routa

-Où vas tu?
-Avec un peu de chance, je vais de l'avant.

 Je pensais avoir un fort intérieur. Il a suffit qu'on toque pour que j'ouvre sans lui demander son nom. Moi qui croyais être armée de béton, j'ai été battue sur une terre pas vraiment ferme aux grains de sable émouvants.
Le Hi-Boo- Halloween.

Wednesday, 13 October 2010

Les rencontres au bar.

"J'habite Montmartre, mais je viens souvent ici. Et toi?"
"Je vis ici depuis peu... Et tu fais quoi dans la vie?"
Le grand café allongé tournait le dos à l'expresso. Dix minutes plus tard, ils dansaient un slow. Cuillère contre cuillère. 
© Elisa Routa

Lui, s'est levé ce matin, a enfilé un sweat à capuche et a opté pour un style de trentenaire immature.
Elle, sort de chez le coiffeur. Elle sent le gel et Lolita Lempicka. Elle a troqué son jogging du dimanche (qu'elle porte même le lundi depuis qu'elle est au chômage) pour un jean et des chaussures à talons dans lesquelles elle ne semble visiblement pas à l'aise.
Il y a des rencontres qu'on ne prévoit pas. Celles qui bouleversent une vie, celles qui vous changent, vous, vos idéaux et le programme de votre journée.
Ils ne se quitteront plus pour aujourd'hui.
Il ira chez le coiffeur et jouera l'étalon. Elle portera son sweat à capuche et trouvera du boulot. Ils troqueront ensemble leur âge non assumé pour une vie montée sur talons et gel effet mouillé.

Les inattendues, les indispensables.
Ile d'Oléron, June 2010.

Sunday, 10 October 2010

Voyage dans l'espace (modulaire)

© Elisa Routa
"Beach Club Supertubos*". Une enseigne rouge et bleu sur un fond ocre en face de moi, qui contrastait particulièrement avec l'ambiance 'caravane' des chiottes publiques dans lesquelles je me trouvais alors.
Vous mettez 12 personnes, dont 3 déjà confortablement disposées sur leur cuvette respective dans un pré-fabriqué monté sur le vif, vous leur demandez de ne crier parler qu'en Portugais et de ne pas tenir compte de l' insupportable odeur d'excréments entassés depuis quelques jours (dois-je rappeler que c'était le 5ème jour de compétition?). Vous obtenez un tout bien angoissé, arrivé là par hasard, sous la seule volonté de la pluie, qui avait amplement réussi son effet de surprise.
Trempée, épuisée, puante et bilingue, je décidais de sortir et de braver la pluie.
Les gouttes n'ont pas d'odeur.

*Un restaurant qui avait du connaître ses moments de gloire dans les années 80s avec Damien Hardman, dit "Dooma". 
 
NB: Le cachemir n'est pas imperméable.